Cette espèce d'excitation juvénile et puérile lorsque, un après midi pluvieux, on ouvre le placard des alcools, cherchant fébrilement lequel semble le mieux, quand on prend une bouteille de wisky, le versant (Oh, juste un fond) dans un grand verre en plastique, pour ensuite faire tourner ce verre, chacune prenant 2 ou 3 gorgées, mesurant bien chaque goutte versées de la bouteille, dans le but d'essayer inapercues, pour éviter que les parents ne voient qu'il leur en manque. Précaution inutile. Qu'est ce qu'on se sent plus grande et excitée quand on sent le liquide à la fois brûlant et glacé descendre dans notre gorge. Des sourires aux lèvres, des mines de dégout, des gorges en feu. La satisfaction de faire quelque chose de défendu. La peur que ça ne se découvre. L'empressement de laver le verre, de remettre la bouteille exactement à sa place, et la déception de l'effet que ça produit. Une partie de Wii un peu animée, une sensation de tournie, la peur de l'haleine chargée. Puis on veut recommencer. Un autre après midi. Une bouteille en plastique cette fois, remplie de gin, encore piqué dans un placard. Des gorgées bues, la gorge qui pique moins, on commence à s'habituer, il n'y a plus de surprises. Et ça recommence, une petite dose de vodka ou de wisky dans un verre d'eau, dans le dos des adultes, le léger piquotement des yeux, ce sentiment de moins en moins fort de faire quelque chose qu'on ne devrait pas. Et on se lasse. Ce sera quoi la prochaine fois? Encore du gin? De la manzana? Mais l'alcool, ça grise un peu. On s'ennuie à nouveau. La prochaine fois, on essayera autre chose, plus fort, plus excitant, plus
dangereux.